La crise pandémique a mis le sujet RSE au centre des débats. En tant que TMC sentez-vous cette appétence de la part des entreprises ?
Karine Krajda : La réponse est contrastée. Oui, si je me fie à ce qui nous est de plus en plus demandé lors des appels d’offres. Alors qu’avant la crise, la RSE tenait en une ligne, on nous demande aujourd’hui au moins un chapitre très fourni et très détaillé sur ce qu’on est capable de mettre en oeuvre dans ce domaine : les moyens qu’on donne d’améliorer le bilan carbone d’un déplacement, les certifications, la qualité de vie des voyageurs… . Pas forcément si l’on constate qu’au final, ce long chapitre ne compte, très souvent, que pour 2 ou 5% de la notation. On reste en réalité dans des critères qui sont avant tout financiers et c'est dommage car sans RSE, la qualité de service de l’entreprise s’en ressent fortement.
Comment expliquez-vous ce hiatus ?
Je pense déjà qu’il faut distinguer les grandes organisations des PME. Dans les premières, on a de plus en plus souvent les ressources en interne pour opérer le changement. Dans les entreprises plus petites, la volonté existe mais on manque d’idées, de formations… Donc les changements opérés restent marginaux. Ce qu’on doit faire, nous, en tant que TMC, c’est être cette force de proposition qui va inspirer et accompagner. Mais aussi parler de nos propres partenaires qui s’inscrivent aussi dans cette démarche vertueuse. Et rappeler que la durabilité n’est qu’une partie de la RSE, qu’on parle aussi de la qualité de vie au travail, du bien-être des salariés, ainsi que de l'éthique. Sur ce dernier point, si on précise par exemple à nos clients qu’ils peuvent participer au pacte avec Handicap International, ils sont, la plupart du temps, partants : ce qu’ils attendent, c’est un partenaire qui les entraine, et nous essayons de l’être. Donc la volonté existe - donc les demandes sont faites en appel d’offres mais comme ça reste souvent abstrait sans accompagnement, la notation s’en ressent.



