Climat : une ONG en appelle à moins de voyages d’affaires en avion

Transport & Environment (T & E), dans un rapport publié ce mardi, préconise la réduction de moitié des déplacements professionnels en avion par rapport aux niveaux pré-Covid.

Comment faire tomber à zéro la contribution nette du secteur aérien européen au réchauffement climatique à l’horizon 2050 ? Un objectif que les compagnies aériennes se sont d’ailleurs elles-mêmes fixées, comme le rappelle volontiers IATA… Le transport aérien compte en effet l’atteindre grâce aux progrès technologiques, aux carburants verts, à un contrôle aérien optimisé. L’ONG Transport & Environment (T & E), dans un rapport (en anglais) publié ce mardi, estime de telles initiatives insuffisantes au regard de l’objectif, et préconise de réduire les déplacements en avion, en particulier ceux effectués dans un cadre professionnel.

Elle précise même qu’il faut réduire de moitié les voyages d’affaires par rapport aux niveaux pré-Covid, ceux-ci comptant pour un tiers des émissions de CO2 de l’aérien. L’ONG prévoit en effet une hausse rapide de ces dernières et invite à agir vite au regard de l’urgence climatique. «Les carburants et appareils zéro émission ne seront pas prêts à être déployés en masse avant les années 2030 » prévient-elle. Avec comme conséquence des rejets de CO2 liés au transport aérien qui devrait progresser de 38% en Europe entre 2019 et 2050. Et T&E de rappeler que le trafic aérien a déjà progressé de 83 % entre 2005 et 2019.

IATA confirme cette tendance, tablant de nouveau sur une forte croissance dans les prochaines années, avec comme prévision 10 milliards de passagers par an au niveau mondial en 2050, contre 4,5 en 2019. Pour freiner cette croissance, l’organisation non gouvernementale préconise de mettre fin aux « scandaleuses exemptions de taxes » dont bénéficie le secteur aérien, y compris sur le kérosène, et d’inclure les liaisons aériennes extra-communautaires dans les quotas d’émissions (ETS) européens.

Le secteur aérien européen s’élève contre ces taxes au nom du risque de distorsion de concurrence. Et le Syndicat des Compagnies AéRiennes Autonomes (SCARA) de dénoncer aussi, ces dernières heures, le fait que l’État français fasse porter les charges régaliennes de sécurité/sûreté sur des compagnies aériennes exsangues à la sortie de la crise sanitaire. Et le syndicat de s’insurger aussi contre la nouvelle Taxe sur le Transport Aérien de Passagers (TTAP) qui en regroupe trois anciennes (TAP, TAC et Taxe Chirac), rendant « l’affectation de ces taxes opaque et les sanctuarisant pour mieux les augmenter à l’avenir sans qu’aucun contrôle puisse être exercé par les compagnies aériennes contributrices ».

Le principe du pollueur payeur est surement une solution louable. Mais les compagnies aériennes tiennent à rappeler leurs actions visant à améliorer leur bilan carbone (dont leurs investissements dans le SAF quatre à huit plus cher que le kérosène), et leurs faibles marges aujourd’hui mises encore plus à mal par la hausse du carburant qui compte pour entre 20 et 30% de leurs coûts.