Durabilité : des aéroports vertueux montrent l’exemple

Les aéroports de San Francisco et Nice-Côte d’Azur s’inscrivent dans des programmes zéro déchets et zéro émission. Des gestionnaires d’aéroports tels ADP et Vinci Airports mettent aussi en place des politiques de durabilité.

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L’aéroport de San Francisco est l’un des premiers à avoir engagé un programme zéro déchet, dès 2016. Aujourd’hui, la vente de bouteilles d’eau est interdite sur la plateforme. Et tous les objets en plastique seront bientôt retirés des magasins et restaurants. L’eau est désormais vendue dans des bouteilles en verre ou conçues dans des matériaux recyclables. Et près d’une centaine de fontaines d’eau potable ont été installées aux quatre coins de l’aéroport.

Aéroports de Paris (ADP) s’inscrit aussi dans cette démarche, même si le groupe se montre un peu plus timide. Amélie Lummaux, sa directrice de l’environnement et du développement durable, citée par notre confrère Télérama, notait que son groupe était déjà engagée dans une politique globale de réduction des déchets. “Nous visons, par exemple, l’objectif de 45 % de déchets recyclés ou valorisés d’ici à 2020 (nous sommes actuellement à 38 %). Et concernant spécifiquement les bouteilles en plastique, nous avons aménagé 75 fontaines à Roissy et 13 à Orly».

Parmi les bons élèves en la matière, on peut citer Toulon Hyères. L’aéroport toulonnais utilise depuis novembre dernier un compacteur de bouteilles en plastique au niveau du poste d’inspection filtrage. «Liquid +» a été conçu par la société Lemon Tri, laquelle a reçu le Prix du public lors du challenge organisé par Vinci Airports à l’occasion du salon Vivatech 2019.

Certifié ISO14001, l’aéroport met également en place d’autres actions pour maîtriser son impact environnemental telles que l’installation de panneaux photovoltaïques en autoconsommation, le remplacement des éclairages par des LED (qui a permis de faire baisser de 10% la consommation électrique dans les aéroports) ou encore l’acquisition de véhicules électriques pour remplacer 25% de la flotte des engins et véhicules de piste thermiques. Toulon-Hyères revendique, après quatre années d’efforts, une baisse de 6% de sa consommation d’énergie et de 25% de la consommation d’eau par passager, un recyclage ou transformation de 97% des déchets dangereux et un passage à l’électrique pour 80% de sa flotte d’engins et véhicules de piste.

Au niveau de son réseau international, Vinci Airports annonce «50% des déchets générés par les passagers déjà recyclés ou valorisés». Sa démarche s’inscrit notamment dans le cadre d’AirPact engageant l’ensemble des 46 aéroports dont il a la gestion.

D’autres aéroports se montrent en pointe dans des démarches pour réduire à néant les émissions de gaz à effet de serre. Ainsi, le Groupe Aéroports de la Côte d’Azur (Nice Côte d’Azur, Cannes Mandelieu et Golfe de Saint-Tropez) a annoncé récemment une série de mesures pour y parvenir d’ici dix ans. Premier aéroport de France à avoir atteint la neutralité carbone en 2016, Nice a déjà réussi à réduire de 80% ses émissions de gaz à effet de serre en 10 ans.

«Aujourd’hui, un passager qui transite par nos terminaux représente à peine 100 grammes de CO2, c’est 92% de moins que dans la moyenne des aéroports européens et un record autant qu’une incitation à faire encore mieux. Ces derniers grammes sont les plus difficiles à supprimer car ils nous confrontent à des barrières techniques ou technologiques, que nous allons lever pour atteindre l’objectif de ne plus émettre un seul gramme en seulement 10 ans», expliquait récemment Isabelle Vandrot, chef du département Développement durable et Environnement d’Aéroports de la Côte d’Azur.

Dans le détail, l’aéroport aura réduit de 83% ses émissions cette année, grâce à l’électrification de 80% de ses véhicules de service, puis de 86% en 2021 par la suppression du gaz dans son terminal Fret et son pôle Technique. La suppression progressive du gaz dans l’ensemble des bâtiments, le développement de surfaces photovoltaïques ou la décarbonation des engins spéciaux lui permettront de parvenir à son objectif de ne plus émettre de gaz à effet de serre en 2030. Mieux, dès 2034, grâce à des puits de carbone, l’aéroport deviendra un absorbeur du CO2 émis par les avions s’y posant, prolongeant ainsi ses efforts au-delà de son seul périmètre.