Les revenus ancillaires des compagnies aériennes s’envolent

Selon une étude CarTrawler/Ideaworkscompany, les compagnies  devraient enregistrer une hausse de 18 % de leurs revenus ancillaires pour atteindre un total de 99,4 milliards € en 2019.

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Qu’appelle-t-on revenus ancillaires (ou complémentaires) ? Ce sont les revenus des compagnies aériennes qui proviennent d’activités et de services, en dehors de ceux liés au simple transport de passagers d’un point A à un point B. Cette large gamme d’activités comprend les commissions sur les réservations d’hôtels, la vente aux partenaires de points de fidélité pour les grands voyageurs et la prestation de services à la carte.

Ces revenus atteindront un total mondial de 99,4 milliards € en 2019, par rapport aux 84,3 milliards € recueillis en 2018. L’estimation mondiale des revenus complémentaires de Cartrawler signale un résultat pratiquement multiplié par cinq par rapport au résultat de 20,5 milliards €, qui était la première estimation annuelle des revenus complémentaires en 2010.

Parmi les 160 compagnies dont la comptabilité a été analysée pour cette étude, Cartrawler a distingué quatre types de compagnies :

1 – Compagnies aériennes traditionnelles. Cela représente une catégorie générale pour le plus grand nombre de transporteurs aériens. L’activité de revenus complémentaires peut comprendre les frais associés aux bagages lourds ou en excédent, ou au choix de sièges offrant plus d’espace pour les jambes, ainsi que l’activité des partenaires dans le cadre d’un programme pour les grands voyageurs. Le pourcentage moyen de revenus a fortement augmenté, passant de 6,7 % l’année dernière à 8,2 % cette année. Cette augmentation est due au fait qu’un nombre accru de compagnies aériennes en Amérique, en Asie, en Europe et au Moyen-Orient ont introduit des tarifs de marque, des frais de bagages et des frais d’attribution de siège. C’est le cas, par exemple, d’Aeroflot, d’Aeromexico, de China Eastern et de SAS Scandinavian.

2 – Principales compagnies aériennes américaines. Les principales compagnies aériennes basées aux États-Unis continuent à dégager de solides revenus complémentaires en combinant les ventes de miles des programmes pour les grands voyageurs et les frais liés aux bagages et aux attributions de sièges. Pour ce groupe, le pourcentage de revenus a augmenté d’un point, passant de 14,2 % l’année dernière à 15,2 % cette année. La forte progression des revenus reflète un rapport plus complet sur la contribution des programmes pour les grands voyageurs et des cartes de crédit en co-marque. Les revenus provenant des programmes pour grands voyageurs communiqués par Alaska, American, Delta, Southwest et United ont dépassé 16,6 milliards € en 2018 ; à titre de comparaison, ils s’élevaient à 10,6 milliards € en 2017.

 3 – Champions des revenus complémentaires. Ces transporteurs aériens affichent la plus forte activité en pourcentage de revenus d’exploitation. Pour ce groupe, le pourcentage de revenus a fortement progressé, passant de 33,9 % l’an dernier à 36,1 % cette année. Cette augmentation peut être attribuée à l’influence des résultats annuels plus élevés obtenus par les transporteurs suivants dans cette catégorie : AirAsia Group, Jet2.com, Pegasus, Ryanair, Viva Aerobus et Volaris.

4 – Compagnies low cost. Les transporteurs aériens low cost du monde entier s’appuient généralement sur une combinaison d’activités à la carte pour générer de bons niveaux de revenus complémentaires. Le pourcentage de revenus pour ce groupe reste inchangé, à 12,4 %. Les transporteurs aériens low cost incluent Jambojet, Pobeda, SpiceJet, Sun Country Airlines et VietJet Air.

L’IATA prévoit que plus de 4,6 milliards de passagers dépenseront 816,2 milliards € dans le monde en transport aérien en 2019. Si l’on l’applique l’estimation des revenus complémentaires mondiaux à la statistique IATA, on obtient un résultat de 21,70 € par passager. En 2010, la moyenne par passager était bien plus basse (7,64 €). Les revenus complémentaires représentent désormais 12,2 % des revenus mondiaux des compagnies aériennes, ce qui dépasse de loin la marge bénéficiaire d’exploitation de 5,0 % (résultat avant intérêts et impôts) prévue par l’IATA pour 2019.

Les revenus ancillaires équivalent également à plus de la moitié de la facture annuelle en carburant du secteur. L’IATA estime également que le secteur du transport aérien dépensera 187 milliards € en carburant au cours de l’année 2019, ce qui constitue une augmentation importante par rapport aux 135,2 milliards € de 2017. Le total des revenus complémentaires mondiaux du secteur constitue une protection importante contre les prix du carburant. Les revenus complémentaires se sont également révélés être une source stable de revenus, alors même que les rendements par passager (revenu par kilomètre) ont chuté depuis 2012. La pression concurrentielle des nouvelles compagnies aériennes, le développement des capacités des transporteurs existants et les difficultés économiques n’ont pas affecté la trajectoire ascendante de la contribution croissante des revenus complémentaires dans les déclarations de revenus des compagnies aériennes.