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L’e-ticket en poche




Branle-bas de combat dans les compagnies aériennes : c’est le premier juin prochain que le tout ticket électronique entre en vigueur ! Une bonne nouvelle au niveau de la simplification, mais gare au bug !

Les avantages du e-ticket n’ont plus à être démontrés aux voyageurs d’affaires : simplicité, sécurité et rapidité, l’informatique a depuis longtemps fait ses preuves. Les compagnies aériennes ont eu pour certaines du mal à y venir car il s’agissait d’une révolution technologique, mais Iata (l’Association Internationale du Transport Aérien) en espère 3 milliards de dollars US d’économies par an. Les billets électroniques coûtent moins cher à émettre (1$ au lieu de 10 pour un billet papier), sont plus difficiles à copier et facilitent l’utilisation des guichets automatique dans les aéroports. Leur flexibilité, associée à une imputation immédiate, ouvre de nouvelles possibilités de gestion des revenus et de ventes de dernière minute pour les compagnies. Un avantage dont le voyageur peut tirer partie, ne serait ce que par le délai raccourci entre l’achat du billet et l’heure d’embarquement. Tout benef.

Mais il reste 2 problèmes : seulement 95% des compagnies de Iata seront prêtes le 1er juin. Que deviendront les autres ? D’autre part l’e-ticket constitue un peu l’arbre qui cache la forêt, à savoir l’interligne. Ces accords interlignes permettent au passager d’acheter un seul et même billet pour l’ensemble d’un itinéraire, même s’il comporte plusieurs compagnies aériennes. Pour ce faire, chaque compagnie doit signer des accords avec ses principaux partenaires, ce qui signifie qu’elle leur donne accès à ses systèmes informatiques. Les compagnies qui font partie des grandes alliances mondiales ont a priori des accords avec tous les autres membres de leur groupement, et Amadéus, le principal partenaire de Iata pour l’interligne, affirme équiper à ce jour 268 compagnies aériennes, et avoir fait signer 1400 accords interlignes. Mais Air Valid, le site de notation des compagnies aériennes, recense au total 1132 compagnies dans le monde. Même si toutes ne volent pas et si certaines n’ont qu’une existence de papier, cela laisse beaucoup de monde sur le tarmac !
Sans vouloir annoncer l’apocalypse, force est de constater que l’e-ticket constitue un big-gang pour l’industrie aérienne, mais risque aussi de provoquer une belle pagaille pour les voyageurs d’affaires dont les destinations sont un tant soit peu originales. Au moins tout le début juin. Parfois, le diable est dans les détails du ticket électronique !!

Annie Fave

Mercredi 7 Mai 2008


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