Air France vole vers une compensation carbone innovante

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Soucieuse du virage écologique que prennent ses clients, Air France introduit la notion de compensation carbone dans ses contrats corporate.

D’après nos informations, Air France et l’éditeur de jeux vidéo Ubisoft auraient finalisé un accord générant un contrat corporate intégrant pour la première fois la notion de compensation carbone. Cette compensation se ferait sur la base des émissions de dioxyde de carbone calculées à la fin de la période de l'accord annuel via des partenaires d'Air France et de KLM travaillant sur des projets de développement durables.

Pour rappel, la compensation carbone se base sur le fait que l’ensemble des gaz à effet de serre (GES) impactent le climat défavorablement. Le défi consiste alors à compenser les émissions produites par le transport des passagers grâce à des investissements tournés vers des énergies propres, renouvelables voire de la reforestation.

Une initiative à suivre de près

Cette première est intéressante, car elle formalise le virage écologique pris par les entreprises (tous secteurs confondus) de plus en plus soucieuses de leur image et de l’environnement. Il sera d’ailleurs intéressant de détailler cet accord pour comprendre le mécanisme de compensation qui a été négocié.

Pour les acteurs économiques, les motivations poussant à l’action de compensation sont écologiques et économiques (la production de GES imposant la combustion de carburant et donc une dépense proportionnelle au taux de production). Elle est aussi générationnelle, car de plus en plus de membres des générations Y et Z rejettent même l’idée de prendre l’avion par peur de l’impact que pourrait avoir leur voyage sur l’environnement.

Un mécanisme complexe, payant et qui demande de l’expertise

La compensation carbone peut être une bonne intention, mais loin d’être immédiatement factuelle si l’investissement ne permet pas de contrebalancer immédiatement les émissions (exemple de la reforestation où il faut une dizaine d’années pour commencer à en voir les bénéfices).

Le groupe Air France KLM a depuis longtemps pris en compte l’aspect environnemental de son activité et a engagé des actions fortes tant sur le plan des investissements que sur celui des opérations. Souvent restées silencieuses, les actions court, moyen et long terme du groupe lui permettent d’afficher des résultats en avance de phase par rapport à la planification qu’il s’était initialement fixée. Il faudra donc suivre cette initiative pour analyser la possibilité de duplication de cet accord dans les entreprises clientes du groupe et voir comment la profession réagira (acteurs et consommateurs) à cette action intelligente.

Yann Le Goff