Grève SNCF, un mouvement globalement suivi

Si l’on regarde les résultats provisoires de la grève de ce 26 avril (détail en pièce jointe en fin de l'article), les résultats sont dans la moyenne des derniers mouvements de 2016. Pour notre chroniqueur ferroviaire, Patrick Le Rolland, il faut rester prudent dans les analyses. Nous reproduisons ici son commentaire.

« Premier constat, ces chiffres semblent plus forts que pour une grève dont le seul objectif serait de pouvoir maintenant passer à autre chose sans que les lignes ne bougent. Une pratique syndicale courante au sein de la SNCF qui explique en partie le taux élevé de conflictualité. Les organisations syndicales sont porteuses de revendications ou d’exigences mais n’arrivent pas toujours à les faire avancer. Elles appellent alors à la grève. Si la grève n’est pas, peu ou insuffisamment suivie, ces organisations gardent quand même la tête haute vis à vis de leurs mandants. Elles ont fait ce que, de leur point de vue, il leur fallait faire. Elles peuvent passer à autre chose.

Mais au vu des chiffres, ce n’est visiblement pas ce schéma-là qui se présente. Ce qui prépare donc le terrain pour le prochain round.  Car à force de l’annoncer, la grève reconductible (illimitée, disent certains par abus de langage) va bien finir par arriver. Sauf à ce que le jeu soit rapidement calmé.

Avec les seuls premiers chiffres (provisoires) de participation au mouvement, classés et présentés par la SNCF par EPIC distinct (la réforme ferroviaire en a créé trois), il n’est pas possible de cerner précisément les métiers les plus engagés dans le mouvement. Mais on voit déjà que les personnels de SNCF Réseau, dont les conditions de travail en termes d’horaires et d’organisation du travail sont plus stables, étaient moins dans l'action.

Par contre, là où sont les opérationnels de terrain ainsi que ceux qui conduisent et accompagnent les trains de voyageurs (SNCF Mobilités), la participation est très certainement poussée par les catégories de personnel qui, déjà levés et couchés à pas d’heure, n’ont sans doute pas envie qu’il en soit rajouté au travers d’une nouvelle réglementation du travail. Car cette réglementation du travail interne à la SNCF, dite RH0077, un décret dont les cheminots demandent qu’il devienne la référence dans toute la branche ferroviaire (public et privé)  est déjà somme toute pleine de flexibilité !

Étrangement, les bastions de SUD (Paris Sud Est, Paris St Lazare) semblent être restés en retrait avec des taux de participation au mouvement plus faibles. Peut-être une manière pour SUD d’affirmer que des appels à la grève de 24 heures, c’est terminé ? Paris Nord - où FO est fort - a également marqué le pas. Or FO aspire à peu-près aux mêmes perspectives d’action que SUD.

La prochaine grève sur le sujet ne sera peut-être pas illimitée mais l’appel portera très certainement sur une durée minimale de deux ou trois jours d’affilée. L’un dans l’autre, les taux de participation à ce troisième mouvement  avec potentiellement, quoique paradoxalement, des réserves SUD et FO montrent que les cheminots ont de quoi tenir pendant quelques jours ».

PAT