InOui, une idée inouïe !

C’est ce qu’on appelle faire le buzz ! En ce week-end sous la torpeur estivale, SNCF (on fait un effort, on écrit comme elle en ne plaçant pas un article) a chamboulé tout ce que à quoi sont attachés ses clients, voyageurs, usagers, contribuables en annonçant la substitution par inOui de sa marque légendaire TGV.


Un nom fraîchement accueilli

Force est de constater que, de tous bords, l’accueil est plutôt froid. Editorialistes, caricaturistes, réseaux sociaux, spécialistes en mercatique et stratégie de marques, chacun y va de son commentaire aussi interrogatif que réservé. Et la moquerie n’est pas loin. A commencer par les supporters angevins de retour de la finale de la Coupe de France de football qualifiant d’inouï le retard de leur… TGV.

C’est toujours comme ça ! "Notre France adore le train (…), la pression est sur nous tous les jours, c’est tout à fait normal" (Guillaume Pepy, allocution d’inauguration de la Cité du Train, 29 avril 2011).





TGV une marque lexicalisée

La SNCF dispose d’une marque - TGV® - passée dans le vocabulaire courant mais qui n’en est pas moins une marque déposée. Un bien inestimable pour une entreprise : à l’image du Scotch pour le ruban adhésif, du Frigidaire pour un réfrigérateur, du Choco BN pour un biscuit fourré ou encore un Kleenex pour un mouchoir jetable en papier. Liste non exhaustive de noms de marque dits lexicalisés.

Bonne ou mauvaise idée ?

Comme un enfant gâté qui casse son joujou, les communicants de la SNCF entendent nous fourguer à la place de TGV le vrai, quelque chose d’assez inouï. Allons-y à notre tour dans le jeu de mots puisque ça nous est servi sur un plateau !

Est-ce une bonne idée ? Non, répondent à 93 % les visiteurs du site leparisien.fr

Des précédents qui finirent par être rangés dans les tiroirs

Cela se fit précédemment plus discrètement mais ce n’est pas la première fois que la SNCF s’interroge sur ses marques. En 2008, elle déposa une série de déclinaisons abandonnant toute référence au mythique TGV, tout en renforçant son nom d’opérateur ferroviaire, façon corporate.
Dans une sorte de valse-hésitation, avant de s’y essayer de nouveau en 2009, avec une signature réintégrant cette-fois TGV.

C’est la période à l’issue de laquelle Guillaume Pepy et Mireille Faugère se séparèrent. Il est fort possible que cette question du nom d’exploitation commerciale du TGV y ait été peu ou prou pour quelque chose. Nous disons ça, nous n’avons rien dit ! Mais nous sommes quelques-uns (et votre serviteur en est) à se souvenir que la question de trouver une nouvelle marque, une nouvelle appellation, pour signer pour le compte de l’opérateur historique les trains à grande vitesse se posait en très haut lieu.

Mettez-vous à la place d’un nouvel entrant potentiel. Vous pouvez offrir un service à grande vitesse mais vous ne pouvez pas l’appeler TGV, puisque c’est le pré-carré de la SNCF. C’est certainement un handicap dès le départ.

Mireille Faugère et Guillaume Pepy s’étaient frittés là-dessus.

Nous avons gardé le souvenir d’un Guillaume Pepy qui ne voulait pas lâcher sur la conservation et la préservation de la marque TGV par la SNCF.

Mais "Faire et défaire, c’est toujours du chemin de fer", comme on se plait à dire dans le groupe public ferroviaire.

PAT