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Surcharges GDS AF/KLM : à quelle sauce seront mangés les acheteurs ?


Dormez tranquille, acheteurs et chargés de voyage, la surcharge GDS annoncée par Air France le 1er avril prochain ne devrait pas vous concerner… Sauf si vous n’avez pas de TMC ou si vous n’êtes pas servi par un réseau d’agences de voyage (volontaire ou non) ou si vous n’achetez pas à un Tour Opérateur. Bref, des cas de figure qui, en majorité ne vous concernent pas.



Ne demandez pas à un acheteur voyage d’une entreprise du CAC 40 de vous dire ce que la surcharge GDS lui coûtera. Et pour cause, il sait déjà qu’il n’aura pas à la payer à partir du 1er avril. La raison avancée ? Sa TMC lui a donné la certitude que les négociations avec Air France-KLM auront abouti. Et tant mieux d’ailleurs, car de façon confidentielle, l’un des géants du CAC 40 nous a précisé que le surcoût d’une telle surcharge, via son SBT, aurait dépassé les 100 000 € entre avril et juin 2018.

Alors pourquoi personne ne décide de communiquer de façon officielle sur le sujet ? Vous l’aurez compris, une négociation oblige à des contreparties et c’est sur ce point que les discussions sont engagées depuis maintenant quelques semaines. Quand vont-elles aboutir ? Si vous posez la question à Jean-Pierre Mas, le patron des Entreprises du voyage, il n’a pas de réponse à vous fournir, évoquant simplement une réunion à venir à la fin février.

Peut-on raisonnablement imaginer qu’Air France-KLM va se heurter à ses clients en facturant 22 € supplémentaires à chaque billet d’avion ? On serait tenté de le penser en France où la compagnie est leader, avec des parts de marché qui dépassent les 60 % dans le monde du voyage d’affaires. On sait déjà qu’il n’en va pas de même à l’étranger où la compétition ne permettrait pas cette hausse indirecte sur le prix d’un billet d’avion.

Mais une fois posée cette problématique, il est bien difficile de savoir quand et comment seront appliquées les fameuses « dérogations » liées à cette surcharge GDS. Au mieux, à la mi-mars, peut-être avant même si l’on en croit des sources internes à la compagnie. Au pire, quelques jours avant la mise en place de la surcharge.

Il reste à savoir quelle sera la TMC ou le réseau qui dégainera le premier pour annoncer son contrat avec le transporteur franco-Néerlandais. Bien malin qui le sait déjà !

Pour vous aider à anticiper la date du 1er avril, nous avons dressé un petit portrait de ce qui pourrait arriver ces prochaines semaines.

Vous êtes une société du CAC 40 ou un ETI ?

C’est sans doute la position la plus confortable face aux annonces de surcharges GDS. Les exemples, venus de Grande-Bretagne notamment, démontrent que les compagnies aériennes ne sauraient s’opposer à la volonté de leurs plus gros clients. On a pu le remarquer, British Airways a signé avec la plupart des TMC sans forcément dévoiler la contrepartie de ces accords mêmes si l’on susurre aujourd’hui que les marges arrière auraient été rognées.

Pour Lufthansa, ce sont les accords Corporates qui sont devenus les points de négociation entre la compagnie et les acheteurs. Au final, le résultat est quasiment le même qu’avec la compagnie britannique. Et sans surprise, Air France fera un mixte des deux en proposant des contrats au TMC afin que leurs clients ne subissent pas la surcharge de 11 € par segment. Sont également concernés par les accords attendus les réseaux de distribution (Manor, Selectour, Tourcom).

Mais toute médaille a son revers. Pour les grands comptes qui bénéficiaient d’un reversement des marges arrière payées au TMC par les GDS, la surprise risque d’être de taille car rien ne garantit que les compagnies aériennes accepteront de maintenir cet avantage à leur ancien partenaire… D’autant que les GDS ne seront pas forcément prêts pour intégrer le NDC avant la date butoir imposée par Air France.

Enfin, bien des compagnies qui souhaitent rester au sein des GDS continueront à afficher via les SBT leur offre de vols, ce qui devrait compliquer techniquement la situation. Amadeus, principal fournisseur en France, n’a pas encore communiqué sur ce sujet et se refuse à le faire avant de connaître la position d’Air France-KLM sur le sujet.

Vous êtes une PME/PMI

La solution qui semble être retenue s’appuie principalement sur les réseaux de distribution, qu’ils soient de proximité ou nationaux. La compagnie Air France, qui envisage des partenariats actifs avec ces agences, souhaite cependant que l’intégration du NDC se fasse rapidement. On imagine aisément qu’elle mettra une date limite à son offre de report des surcharges GDS. Là aussi, il faudra attendre la fin des négociations engagées avec les syndicats professionnels et la Commission Air des Entrepreneurs du voyage, dirigée par Valérie Sasset (BCD Travel) qui connait bien le sujet.

On sait déjà que quelques trublions du voyage d’affaires, des TMC très impliqués dans les développements technologiques, devraient annoncer des solutions complètes (NDC plus interface de consultation) multi transporteurs d’ici au 1er avril prochain. De quoi relancer le marché pour PME/PM très présentes à l’export.

Vous êtes une TPE/TPI

A priori, si vous utilisez les services d’une agence de voyages en ligne, a fortiori membre d’un réseau, vous ne devriez pas être concernés par la surcharge GDS de 11 €/segment. Là aussi, Air France considère qu’il s’agit d’agences de voyages « globales » qui pourraient bénéficier donc des avantages que propose la compagnie. Mais prudence cependant, car les petites agences de voyages de proximité n’appartiennent pas toutes à un réseau et certaines devront utiliser les services en ligne d’Air France spécialement développés à leur intention pour accéder à l’offre NDC.

Il est fort possible, dans ce cas-là, que vous ayez des frais de service à payer en plus de la surcharge GDS.

Vous êtes une profession indépendante

A ce niveau, la bataille se joue sur les agences qui appliqueront les frais GDS et des autres. Mais si l’on regarde concrètement ce marché, on trouve bien des solutions pour acquérir un billet d’avion (quelle que soit la compagnie) pour se rendre d’un point à un autre. L’exemple le plus concret, New York qui est desservi par des compagnies qui n’appliquent pas de surcharges GDS et offrent des services comparables à ceux des compagnies traditionnelles.

Certes, il faudra s’habituer à faire des choix qui ne sont plus systématiques mais adaptés à la destination, à la date de départ voir - pour les plus accros - au programme de fidélités qui seront proposées.





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