[Exclu] D. Kling (CCI IdF) : « Mme Bachelot a parlé « festivals », je me suis dit : voilà de bons arguments pour le MICE »

[Exclu] D. Kling (CCI IdF) :

Le président de la CCI Paris Île-de-France a proposé la tenue d'events MICE "tests" au printemps prochain. La balle est dans le camp du gouvernement.

Dans une interview qu'il nous a récemment accordée, Jean-Baptiste Lemoyne nous a dit avoir parlé avec vous d'une éventuelle expérimentation d'événements MICE en Île-de-France durant les mois de mai et juin prochains. Pouvez-vous nous en dire plus ?

J'ai effectivement contacté Jean-Baptiste Lemoyne il y a quelques semaines, et ma proposition sur ce sujet a reçu un accueil favorable. L'élément déclencheur a été l'annonce par la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, que des événements culturels se tiendraient cet été dans des cadres et des formes stricts en termes sanitaires. Nous nous sommes dit "voilà qui nous fournit des arguments" : ce qui est possible pour un festival doit l'être pour un événement professionnel. J'ai donc fourni une proposition précise au ministre. Elle est dans l'attente d'arbitrages et d'une validation par l'interministérielle.

> Voir la vidéo : [Exclu] JB Lemoyne veut expérimenter des events MICE au printemps

De quel type seraient ces événements pilotes ?

Nous avons voulu couvrir tout le spectre des événements MICE pour être prêts quand la reprise viendra. Concrètement, il s'agirait d'une convention Porte de Versailles, d'un congrès Porte Maillot, et d'un salon professionnel à Villepinte. Dans chacun des cas, j'ai remis au ministre les protocoles sanitaires, les jauges, les consignes obligatoires, le dispositif de contrôle du respect de ces mesures qui nous semblent adaptés. Nous avons pu nous assurer, dans ce cadre, de l'accord et de la participation des parties prenantes habituelles dans ce genre d'événements (organisateurs, gestionnaires de lieux...) mais aussi, vu les enjeux, de l'AP-HP (Assistance publique-Hôpitaux de Paris, ndr).

Mais pour que ces événements se tiennent, il faut bien que leurs organisateurs les aient maintenus... Ont-ils un tel goût du risque ?

Evidemment, les très grosses manifestations ont été reportées ou annulées. A titre d'exemple, le Salon de l'aéronautique (le Salon du Bourget, ndr) qui devait avoir lieu en juin a été annulé dès le mois de janvier. En revanche, des manifestations de moindre ampleur ont été maintenues, a minima en virtuel. L'objectif est donc, pour trois d'entre elles, de leur donner le feu vert pour du présentiel, au moins en partie. Et je peux vous dire qu'ils n'attendent que ça... Concrètement, il pourrait s'agir d'événements de 5.000 personnes, dont un millier en physique.

Mais ce feu vert, il faut, donc, qu'il soit donné en premier lieu par le gouvernement. Vous a-t-on donné une date ?

Non. Une chose est sûre : il faut que l'accord soit donné un mois au minimum avant la tenue de l'événement. Donc avril pour mai ou mai pour juin.

Vous êtes à la tête de la CCI d'une région qui tire sa force de sa dimension internationale. Et pour cette même raison, elle est la région la plus impactée par la crise sanitaire. Qu'est-ce que ça vous inspire ?

Oui, c'est vrai, notre ouverture sur l'extérieur, qui fait habituellement notre force, nous fragilise plus que d'autres dans ce contexte particulier. Et c'est la première fois que nous sommes si durement impactés. Mais cette période montre aussi l'appétit des organisateurs d'événements dans notre région. C'est pourquoi, quand la situation se détendra, je suis persuadé que nous ferons aussi la preuve de notre capacité de rebond, à l'image de la Chine où les salons et congrès sont déjà repartis très fortement.

Et cette reprise, ce rebond, vous l'espérez pour quand ?

Si la campagne de vaccination se déroule comme prévu, 12 à 15 millions de Français seront vaccinés fin juin, auxquels il faudra ajouter les personnes ayant été infectées, se trouvant donc immunisées. Je ne suis pas docteur mais je pense que ce sont des étiages intéressants pour la reprise. Mais il semblerait que ces taux d'immunité et d'immunisation élevés mettent environ 3 mois à produire leurs pleins effets sur la circulation du virus. Donc si on parle de fin juin, ça nous amène à une période beaucoup moins tendue en octobre.