#Selectour22 – Laurent Abitbol ouvre le feu sur le NDC d’Air France

#Selectour22 - Laurent Abitbol ouvre le feu sur le NDC d'Air France

Dans son allocation d'ouverture au 12ème congrès Selectour, Laurent Abitbol s'est montré particulièrement offensif dans la perspective de la mise en place de la surcharge NDC d'Air France au printemps prochain.

Au sortir de la première session de conférences de ce 12ème congrès Selectour, qui se tient à Athènes, Henri Hourcade, DG France d'Air France-KLM, prend les choses avec philosophie. Il préfère même en sourire : "On est habitué, on le sait : on ne donne jamais assez d'argent".

Cet apparent détachement fait suite à une exécution en règle des compagnies aériennes par Laurent Abitbol, il est vrai grand habitué du genre, lors de son discours d'ouverture. Sauf que là, la mitraillette a fait place à la sulfateuse. Dégainé sur la scène qui faisait office de pas de tir : "On n'est pas content des compagnies. Il y a les radines. Celles qui ne respectent pas la loi. Et les compagnies voyous".

Les festivités sont donc lancées dans la joie et la bonne humeur mais il serait faux de dire qu'on s'attendait à autre choses tant la période entre agences et transporteurs aériens se joue à couteaux tirés, et la perspective de la surcharge NDC d'Air France prévue pour le 1er avril prochain n'est pas de nature à huiler les rouages.

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C'est en effet surtout la compagnie nationale qui est visée puisque Laurent Abitbol de regretter les situations de "monopole" : a contrario, "avec American Airlines et Delta, nos compagnons de Certares, ils ne sont pas miséreux comme nous, aux Etats-Unis".

Si, plus tard, l'adresse a Henri Hourcade se fait sur un air amical, la chanson n'en est pas moins menaçante : "Henri, c'est pas possible. Ce que vous vendez sur le Net, c'est le pas cher. Les classes Affaires et les Premières, c'est nous qui les vendons. (...) Si, pour aller en Espagne ou en Grèce, je dois dire qu'il faut prendre Iberia ou Aegean, je peux le faire. Ne nous faites pas changer de modèle..."

Car le problème de NDC, d'après Laurent Abitbol, c'est qu'alors qu'il est présenté comme un progrès dans la distribution, il détériore la productivité. Christophe Jacquet, CEO de Havas Voyages et administrateur du GIE Asha, précisera les choses un peu plus tard : "Que NDC relève d'une stratégie qui permet de gagner en compétitivité (par le continuous pricing, les ancillaries...) pour Air France, d'accord. Mais ce qui est sous-estimé par les intellectuels (qui le conçoivent, soit Amadeus, ndr), c'est une productivité diminuée de 20 à 30% pour les agences".

Dès lors, le patron de Marietton prévient : si c'est toujours le cas au printemps, Selectour n'acceptera pas la surcharge. Il faudra alors prendre une décision pour contourner le NDC qualifié d' "arrangement entre Amadeus et Air France" : "passer par l'outil Wonderbooking (connu aussi sous le nom de WonderMiles, dont Selectour est actionnaire, ndr) ou encore utiliser un outsider comme Sabre".

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Et Laurent Abitbol aurait des moyens d'incitation (financière) pour qu'il en soit ainsi dans le millier d'agences Selectour. En marge du show, Laurent Abitbol a précisé qu'il discutait avec Air France, que les avocats auxquels il avait fait allusion dans son discours musclé n'étaient consultés que comme conseillers, et non dans la perspective d'une action en justice... Et que tout se ferait dans l'élégance. Comme quoi, il a plusieurs cordes à son arc.