#Selectour22 – SNCF et Air France : amour, désillusion, conciliation

#Selectour22 - SNCF et Air France : amour, désillusion, conciliation
Anna Kofoed (directrice commerciale EMEA d'Amadeus) reconnaît les insuffisance de NDC.

Au 12ème congrès de Selectour, passes d'armes entre les agences et les deux transporteurs nationaux...

Après un discours d'ouverture particulièrement offensif de la part de Laurent Abitbol, à propos de la mise en place de la surcharge NDC d'Air France au printemps prochain, Christophe Jacquet, administrateur du GIE Asha et CEO de Havas en a remis une couche et a placé, juste à côté de la compagnie nationale, la SNCF sur le banc des accusés.

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Amour

"Je regrette que la SNCF et Air France constituent des menaces pour nos agences", a-t-il attaqué. Les sentiments de la distribution à l'égard des deux fleurons du transport français seraient passés "de l'amour à la désillusion". Ce qui est bien dommage dans une relation si intense : "Air France et SNCF, ce sont les deux tiers de nos transactions. Soit les deux tiers de notre masse salariale".

Cet amour, il s'est exprimé durant des décennies que les agences auraient passé à "valoriser avec fierté" ces deux fleurons nationaux. Plus concrètement : "On (les agences, ndr) remplit l'avant des TGV et des avions. Nous sommes au service de la création de valeur de (ces) compagnies." Qui, en retour, feraient donc preuve d'ingratitude, d'où la désillusion.

Désillusion

Concernant la SNCF, le désamour trouve son origine dans le récent accord signé par les agences (via les Entreprises du Voyage) "malgré tout". Sous-entendu : on n'avait pas le choix. Cette convention prévoit la baisse progressive de la commission aux agences de 3 à 2,7% sur 5 ans. Un accord presqu'humiliant pour Christophe Jacquet qui se voit donc mendier quelques centimes pour finalement ne pas les obtenir : "Si je n'opérais que de la SNCF, je perdrais des dizaines de millions par an (...) 0,3% sur un billet SNCF moyen de 110€, on parle de 30 centimes !".

> Lire aussi : SNCF-EDV : les OUIGO en agence, les commissions à la baisse

A propos d'Air France, le CEO de Havas déclare : "Que NDC relève d'une stratégie qui permet de gagner en compétitivité (par le continuous pricing, les ancillaries...) pour Air France, d'accord. Mais ce qui est sous-estimé par les intellectuels (qui le conçoivent, soit Amadeus, ndr), c'est une productivité diminuée de 20 à 30% pour les agences". Ce qui contrevient, d'après le même, à un principe qui devrait être intangible : "travailler plus pour gagner plus". 

Conciliation

Chacun des deux transporteurs incriminés a eu l'occasion de répondre à Christophe Jacquet à l'occasion d'interventions ultérieures, dans un duel à distance. A leur façon, ils évitent la polémique, tentent la conciliation, sans forcément convaincre...

Pour la SNCF, Guillaume Confais-Morieux, directeur Marché agences de voyages, estime quant à lui qu'il s'agit d'un bon accord "parce que pour la première fois, il offre de la visibilité sur les 5 prochaines années" (les conventions EDV-SNCF n'étaient, jusqu'alors, que de 3 ans, ndr). Une commission qui baisse ? Oui mais progressivement, dit le même en substance : "en pliant les jambes et en tendant les bras", le choc sera amorti. En outre, il loue l'accès à OUIGO via le GDS "à partir de l'été 2023", ce qui ne faisait "pas partie de la stratégie" du train lowcost. 

Concernant le NDC d'Air France, Henri Hourcade en fera la promotion mais sans répondre aux sujets qui gênent. Il fait cependant remarquer que "son contenu va être enrichi, notamment pour le business travel". Sur la question plus sensible de la baisse de productivité induite, ce sont davantage deux dirigeants d'Amadeus qui tentent de rassurer les agences.

Bertrand Poey, DG France, après avoir précisé que son entreprise ne touchait (ne toucherait ou ne touchera) "pas un centime sur la surcharge" qu'AF entend mettre en place, considère qu'à terme, NDC "ne doit rien changer pour les agents de voyages". Anna Kofoed, directrice commerciale EMEA (notre photo), se fait plus précise : "Aujourd'hui, 70% de l'offre NDC n'est pas mature. Il faut de gros investissements pour qu'elle le devienne. Ces investissements, nous les faisons, et avons même continué à les faire durant la pandémie". Anna Kofoed n'a pas précisé si le NDC d'AF faisait partie des 30% matures, mais la distribution, elle, a son avis sur le sujet...