« Honte de prendre l’avion » : quel impact sur les voyages d’affaires ?

Nouvelle tendance : le flight shaming

Le « Flight shaming » (la honte de prendre l'avion) est à la dernière tendance à la mode chez les militants de la cause environnementale.

En 2019 on se doit d'être gêné ou honteux de prendre l'avion à cause de l'impact sur l'environnement. Pourtant, l'aviation ne représente, aujourd'hui, que 2% des émissions mondiales de carbone. Un chiffre qui pourrait quasiment doubler d'ici 20 ans. L'Association du transport aérien international (IATA) estime que l'on devrait passer de 4,37 milliards de passagers en 2019 à 8,2 milliards d'ici 2037.

En Europe, ce mouvement qui condamne le transport aérien a vu un nombre croissant de voyageurs d'affaires opter pour des trajets en train plutôt que pour des vols. Cependant, bien que le transport ferroviaire puisse être une option viable pour les voyageurs européens, il est plus difficile dans d'autres régions du monde, comme l'Afrique. En Europe le réseau ferroviaire complexe permet tous les déplacements dans de courts délais. Ailleurs, les voyageurs soucieux de l'environnement disposent de moins d'options pour compenser leur empreinte carbone.

Mais, cesser complètement de prendre l'avion, est-ce la bonne réponse ? Alexandre de Juniac, directeur général et PDG de l'IATA, ne le pense certainement pas. "Voler, c'est la liberté", écrivait-il dans un article de blog. "Confiner l'horizon des gens à des distances en train ou à la vitesse des bateaux, c'est faire un pas en arrière sur un siècle de progrès mondial. S'appuyer sur des réunions virtuelles pour établir des connexions globales ignore les sentiments et les sensations qui nous rendent humains."

Alors, s'il est effectivement peu pensable de pouvoir s'affranchir des déplacements en avion, les voyageurs d'affaires soucieux de leur empreinte carbone peuvent cependant décider de voyager intelligemment. Un ensemble de mesures simples mais efficaces pour des déplacements (en avion) éco-responsables.

-Voler plus « vert ». Choisir une compagnie aérienne qui offre une option de compensation des émissions de carbone et opter pour un vol sans escale sans escale afin d'économiser du carburant pour ce décollage supplémentaire. Enfin, voler en classe économique. La classe économique permet de transporter plus de personnes, ce qui signifie moins d'émissions par personne.

-Emporter un bagage le plus léger possible, car chaque kilo supplémentaire de poids de bagages augmente les émissions de carbone d'un avion.

-Voyager sans documents papier en utilisant davantage d'outils et de technologies numériques pour les billets, les confirmations d'hôtel, la location de voiture et les itinéraires.

-Réserver un hôtel avec une « charte verte ». De nombreux groupes hôteliers font maintenant la promotion d'initiatives environnementales comme l'énergie solaire, le recyclage de l'eau, l'éclairage éco-énergétique, le recyclage des déchets de cuisine, le mobilier durable, ou encore des menus biologiques. Sélectionner l' hôtel près du lieu de la réunion d'affaires ou de l'événement, afin de pouvoir prendre les transports publics - si disponibles - ou marcher.

-A cela s'ajoute une démarche personnelle valable en tous lieux (y compris à la maison); réutiliser les serviettes de toilette, éteindre les lumières et le climatiseur lorsque l'on quitte une pièce, prendre de courtes douches et éviter autant que possible les vêtements nécessitant un nettoyage à sec.

-Dans les restaurants, il est préférable de privilégier les ingrédients locaux afin de réduire le nombre de kilomètres parcourus par la nourriture. Idem pour la boisson, vin de la région, bière locale ou jus de fruits. Ce qui permet également de soutenir l'économie locale tout en essayant quelque chose de nouveau.

-Enfin, dans le cas d' une location de voiture, on peut demander à la compagnie si elle dispose de véhicules électriques ou hybrides.

Même si aujourd'hui les avions consomment de moins en moins de carburant en transportant toujours plus de passagers, il paraît difficile d'envisager, à court terme, un transport aérien « zéro pollution. » tant que les réacteurs fonctionneront avec du kérosène. Cependant, au regard des milliards de personnes transportées chaque année, l'avion reste le mode de déplacement le plus sûr au monde et surtout le moins polluant de tous ceux utilisant des moteurs thermiques.

Il n'empêche que, désormais, de plus en plus d'entreprises commencent à s'intéresser à la façon dont les kilomètres parcourus par leurs propres employés ont un impact sur l'environnement.Et nombre d'entre elles prennent des initiatives afin de compenser toutes les émissions de carbone liées aux déplacements du personnel.

Il existe aussi des calculateurs d'empreinte carbone développés par plusieurs plate-formes. Des outils qui permettent aux voyageurs d' avoir une meilleure compréhension de l'empreinte carbone liée à leurs déplacements professionnels.