Face à l’avion, l’option train progresse

locomotive TGV

La SNCF constate avec plaisir que le train grignote des parts de marché à l'avion. L'axe Paris-Toulouse reste toutefois un point noir pour la compagnie ferroviaire.

Conséquence du flygskam (ou "honte de voler" pour des raisons écologiques) ? L'avion perd aujourd'hui du terrain sur le train, même sur des trajets de plus de quatre heures. Un succès lié en partie à Ouigo, l’offre low cost qui devrait représenter un quart du trafic grande vitesse l'année prochaine : SNCF Voyages annonce bientôt 50 destinations Ouigo contre 40 aujourd’hui, selon sa directrice générale Rachel Picard.

La SNCF détient aujourd'hui des parts de marché substantielles sur ses grands axes, soit 80% sur Paris-Marseille, 82% sur Paris-Bordeaux, 67% sur Montpellier. Et Guillaume Pépy, le patron de la SNCF, relevait récemment que la compagnie ferroviaire n'était plus le challenger entre Paris et le Pays basque, alors que le trajet en train dure 4h20. La SNCF grignoterait aussi des parts de marché sur Paris-Nice malgré la forte concurrence d'Air France et easyJet.

En revanche, sa part de marché reste relativement faible sur Toulouse (30%). Depuis la mise en service de la nouvelle ligne à grande vitesse Sud Europe Atlantique entre Tours et Bordeaux, le temps de trajet est pourtant passé à 4h08 contre 5h25 auparavant. Et la SNCF a augmenté les fréquences de ses trains entre la capitale et la ville Rose. Mais cette dernière est aussi le siège d'Airbus. Et sans surprise, la desserte Paris-Toulouse reste la ligne aérienne française la plus fréquentée.

Des associations telles Objectif Trains de Nuit et Urgence Ligne POLT militent aujourd'hui pour le développement des trains de nuit, aujourd'hui limité en France à trois lignes dont Paris-Toulouse et Paris-Rodez, et souhaitent que les dessertes soient assurées tous les jours.

Les trains de nuit ont été progressivement réduit ces dernières année pour des raisons de coûts mais aussi du fait de l'expansion du réseau à grande vitesse.

L'expansion du train est liée aussi aux lignes transfrontalières. Et sur ce point, la SNCF entend profiter, en Espagne par exemple, de la libéralisation du réseau ferroviaire fixée par l’Union Européenne à fin 2020, notamment avec Ouigo. On notera ainsi que le contournement ferroviaire de Nîmes (par Nîmes Pont du Gard) et de Montpellier (par Montpellier Sud de France) - le dernier tronçon manquant du réseau à grande vitesse entre Paris et Madrid – permettra à la fin de l'année de relier Paris à Perpignan en 4h48, Paris à Barcelone en 6h26, soit un gain de 10 et 15 minutes par rapport à l'itinéraire prévoyant des arrêts à Nîmes Centre et Montpellier Saint Roch. Toujours ça de pris...