La rénovation de la Gare du Nord n’aura pas lieu

La rénovation de la Gare du Nord n'aura pas lieu

Ce mardi 21 septembre, la SNCF a annoncé renoncer au projet de rénovation de la gare parisienne en raison d'importants retards et surcoûts liés au chantier. L'épilogue piteux d'un dossier controversé.

Le projet de la filiale de la SNCF Gare & Connexion et de StatioNord, une co-entreprise composée de Ceetrus (la foncière du groupe Auchan, 66 %) et la SNCF (34 %) a vécu. Et entre les deux entités, le torchon brûle.
 
Dans un communiqué au vitriol, Gare & Connexions déclarait hier : "Compte-tenu des dérives insupportables par rapport aux engagements contractuels, [la SNCF] ne peut que constater la défaillance grave de son concessionnaire et prononcer sa déchéance". Et Ceetrus de déclarer par le même truchement : "regrette(r) le manquement manifeste de son partenaire, SNCF Gares & Connexions, à ses responsabilités de co-actionnaire et à la loyauté requise entre les partenaires d'une entreprise commune". Ambiance.
 

Surcoût et retard

 
Quelles que soient les responsabilités des uns et des autres, les arguments du retard et du surcoût sont indéniables. Le chiffrage du projet a démarré sous le milliard d'euros, pour se retrouver à 1,5 Mds aujourd'hui.
 
Quant au retard pris par le chantier. Alors que la plus grande partie des travaux devait être achevée pour la Coupe du Monde de Rugby qui se déroule en France en 2023 et que l'entièreté de la rénovation devait être effective pour les JO parisiens en 2024, QtatioNord déclarait récemment que la fin des travaux ne pouvait être envisagée qu'en 2026, voire en 2028.
 
Désormais, la SNCF veut se contenter d' "une adaptation rapide de la gare", avec, en amont, "la conception d'un nouveau projet (...) élaboré en concertation étroite avec les acteurs publics concernés". On ne peut que voir dans cette dernière assertion une allusion aux désaccords qui ont opposé pendant plus d'une année les porteurs du projet à la Mairie de Paris, notamment sur les surfaces commerciales qui devaient se trouver à l'intérieur de la gare.
 
L'opérateur ferroviaire n'en abandonne pas moins l'objectif de transformer en profondeur celle qui, avec 700.000 voyageurs quotidiens transitant dans 2.200 trains par jour, déteint le titre de gare la plus importante d'Europe. La SNCF devrait, dans cette perspective, lancer un nouvel appel d'offre... pour un chantier qui ne serait livré qu'en 2030 au plus tôt.