Péages autoroutiers: 30% de réduction pour les usagers réguliers mais pas partout

Sous la pression du gouvernement, afin de rendre moins douloureuse l'augmentation de 1,8% des péages, les sociétés d'autoroutes ont accepté une réduction à destination des usagers réguliers. Si la mesure peut sembler généreuse, dans la pratique elle l'est beaucoup moins car de nombreuses exceptions réduisent déjà son champ d'action.

Le 1er février, les trois principales sociétés d’autoroutes (Vinci, APRR et Sanef) ont concédé, sous la pression du gouvernement, une réduction de 30 % (moyennant un abonnement supplémentaire de 2,50 € pour frais de gestion) à tout conducteur effectuant au moins dix allers-retours dans le mois sur un même itinéraire.

"Ce sont près de 1 million d’automobilistes, indique le ministère des Transports, qui devraient pouvoir bénéficier de la mesure" destinée à faire passer la hausse moyenne de 1,86 % des péages au 1er février. Mais pas sûr qu’elle ait l’effet escompté car elle souffre de nombreuses exceptions.

Comme l'explique le journal Le Parisien, le rabais ne s’appliquera pas sur "des portions comportant des ouvrages spécifiques et disposent donc de leurs propres tarifications", confie-t-on à l’Association des sociétés françaises d’autoroutes (Asfa). "En général, cela désigne des infrastructures comme des ponts, des viaducs ou encore des tunnels qui se distinguent par leur longueur ou la complexité de leur architecture."

Concrètement, il s’agit de tronçons aux tarifs plus élevés, comme le tunnel du Mont-Blanc (Haute-Savoie) ou le pont de Tancarville (Seine-Maritime). Des poules aux œufs d’or que leurs concessionnaires n’ont pas envie de déplumer. Au plus acceptent-ils de lâcher un peu de duvet. Dans le cas de Tancarville, un trajet Le Havre-Rouen passant obligatoirement par ce pont ne bénéficiera du rabais. "Pour les ouvrages particuliers, qui font l’objet de tarifs spécifiques, dit-on au ministère des Transports, il existe déjà des offres avantageuses pour les usagers réguliers."

Autres exceptions aux - 30 %, sur les 20 sociétés d’autoroutes qui exploitent plus de 9100 km, 12 sont exclues du dispositif. "Elles ne concernent qu’un petit territoire, au regard de l’ensemble du réseau" , précisent les autoroutiers. C’est le cas du consortium Atlande, qui exploite sur l’A 63 la section centrale entre Salles (Gironde) et Saint-Geours-de-Maremne (Landes), ou la filiale de Vinci, Arcour, concessionnaire de la section de l’A 19 entre Artenay et Courtenay, dans le Loiret.

Les dernières restrictions, portent sur les trajets empruntant des tronçons mixtes démarrant au péage d’une société et se terminant au péage d’une autre. "Dans les cas de trajets effectués à cheval sur deux concessions, un même abonnement serait techniquement impossible car les réseaux ne sont pas interopérables", confirme le ministère des Transports.