Alors que 63 % des Français contestent l'intérêt du mouvement mené à la SNCF, principalement par la CGT et Sud Rail, la ministre des transports s'attaque au fond même du problème qu'elle juge "plus politique que social". Alors que la réforme ferroviaire a été définitivement adoptée cette semaine au parlement, la CGT et Sud Rail annoncent la poursuite du mouvement pendant le mois de juillet, période traditionnellement sans grand mouvement social pour ne pas pénaliser les vacances des Français. Une décision que la CGT a beaucoup de mal à justifier. Pour elle, il s'agit de contester dès aujourd'hui la prochaine grande réforme des retraites qui s'attaquera aux régimes spéciaux des cheminots, considérés aujourd'hui comme l'un des plus avantageux et surtout des plus coûteux.
Mais cette position, qui commence à ne plus être partagée par les salariés du transporteur ferroviaire qui s'expriment sur les réseaux sociaux, a des limites au sein même de l'intersyndicale. À la CFDT, comme à FO, on sait que tout jusqu'au-boutisme se retourne généralement contre celui qui mène le combat. Et face à une grève inutile, le gouvernement aurait tout intérêt à s'engager sur un projet de réforme des retraites plus dur qu'il ne l'imaginait à l'origine. Il sera difficile pour les syndicats d'expliquer à leurs adhérents que le mouvement se maintient au cas où et que les pertes financières qu'il engendre chez les salariés sont le prix à payer d'une prochaine réforme dont personne ne connaît pas très précisément les contenus. Là encore, selon l'un des ministres du gouvernement "le mélanchonisme ferroviaire joue en faveur des réformes à venir".



