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Air France : les discussions entrent aujourd'hui dans le vif du sujet


Jour J pour un nouveau Comité Central d’Entreprise à Air France qui par sécurité (ou prudence) se tiendrait dans un hôtel parisien et non au siège de la compagnie. Les représentants de la direction et des salariés se retrouvent officiellement pour la première fois depuis celui du 25 octobre qui a tourné au pugilat. Depuis, des rencontres et des déclarations ont tenté de calmer l’atmosphère. Les salariés sont néanmoins appelés à "la mobilisation".



Ce dernier mois a été utilisé pour tenter de réamorcer le dialogue. Le gouvernement a dit et redit que les licenciements n’étaient pas obligatoires, Juniac est intervenu pour dire que le gros du plan, en 2017, restait à négocier, et Frédéric Gagey a écrit lundi à l’ensemble des salariés pour les assurer de sa certitude à "réussir ensemble". La direction a rencontré les différentes catégories du personnel, pour dire et redire qu’il fallait né-go-cier.

Qu’y a-t-il vraiment à négocier ? Du côté des pilotes, ambiance pas évidente après la décision du Tribunal qui autorise le PDG a reprendre la main, faute d’avoir vu Transform 2015 totalement appliqué. Côté PNC, les syndicats disent et redisent que l’accord court encore un an, et ils refusent mordicus de se serrer un peu plus la ceinture pour l’instant. Les personnels au sol sont certainement ceux qui sont le plus sous pression, la direction évoquant des départs volontaires. Encore faut-il les trouver, ces volontaires. Il est certain que des candidats proches de la retraite apprécieront l’effet d’aubaine pour quitter dans de bonnes conditions l’entreprise, mais dans les escales les plus surchargées, ce n’est pas gagné. D’autant que le tout récent exemple des discussions pour la fusion chez Hop! a montré qu’une gestion plus fine des effectifs permettait de réduire de 245 à 146 le nombre de suppressions d’emplois. En proportion, c’est un ajustement énorme. Les personnels au sol se prennent à rêver.

Le CCE d’aujourd’hui doit entrer dans le vif du sujet et développer la répartition des suppressions de postes. Pour l’heure, c’est 2 900, dont 1 000 en 2016. Les salariés se rassembleront à La Concorde cet après-midi pour dire tout le mal qu’ils en pensent, et demander un véritable avenir pour la compagnie aérienne. Mais avec le sens de la responsabilité: la grève, si elle a lieu chez certains personnels au sol, sera minime. Air France et Hop! Air France doivent assurer tous leurs vols.

Annie Fave

Jeudi 22 Octobre 2015


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