Boeing dans le viseur de l’Europe après un nouvel incident sur un 737-800

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Ciblé par plusieurs enquêtes à la suite d’une série d’incidents techniques, Boeing se retrouve également dans le viseur de l’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA), après un nouvel incident survenu sur un 737-800 d’United Airlines. L’autorité européenne n’exclut pas de remettre en cause les agréments de sécurité américains selon lesquels les avions Boeing sont construits en toute sécurité.

Ce vendredi 15 mars 2024, Boeing se retrouve une nouvelle fois sur le devant de la scène médiatique après qu’un 737-800, opéré par United Airlines, a perdu un de ses panneaux en vol, selon les informations rapportées par Associated Press. Un incident constaté lors d’une inspection effectuée à l’atterrissage à l’aéroport de Medford, dans l’Oregon. La série noire ne s’arrête pas pour le constructeur aéronautique, qui se retrouve désormais dans le viseur de la régulation européenne après les multiples incidents techniques survenus ces derniers mois.

Le vendredi 5 janvier 2024, un Boeing 737-Max opéré par Alaska Airlines a perdu sa porte en plein vol, faisant quelques blessés légers parmi les passagers à bord. Un incident qui a conduit à l’immobilisation de 171 Boeing 737 MAX 9. Selon les premiers résultats d’enquête, rapportés par nos confrères de L’Echo touristique, “quatre boulons prévus pour empêcher que la porte-bouchon ne se déplace vers le haut étaient manquants avant qu’elle ne bouge”.

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Ce n’est pas la première fois que le Boeing 737 MAX, modèle vedette du constructeur américain, se retrouve dans le viseur des autorités de régulation. Une série de problèmes techniques et deux catastrophes aériennes, ont fait 346 morts en octobre 2018 et mars 2019. Mais ce n’est pas le seul modèle du constructeur américain qui fait l’objet de déboires.

3 incidents en 15 jours pour Boeing

  • Samedi 13 janvier 2024, un Boeing 737-800 opéré par la compagnie All Nippon Airways (ANA) qui a dû faire demi-tour en plein vol suite à la découverte d’une fissure sur le hublot du cockpit de l’appareil en question. Selon les informations du Guardian, la fente a été découverte sur la partie extérieure des quatre couches de fenêtres du cockpit de l’avion, contraignant l’appareil à regagner l’aéroport de départ de Sapporo-New Chitose, 30 minutes après le décollage.
  • Vendredi 1er mars 2024, un appareil 737 MAX-8 de la compagnie Alaska Airlines a atterri avec la porte de la soute ouverte. 
  • Jeudi 7 mars 2024, Boeing 777 a atterri jeudi en urgence à Los Angeles après avoir perdu le pneu d’une des roues du train d’atterrissage pendant son décollage. L’incident n’a fait aucun blessé.
  • Lundi 11 mars 2024, un Boeing 787-9 opéré par Latam Airlines entre l’Australie et la Nouvelle-Zélande a brutalement piqué du nez en plein vol en raison d’un incident technique, qui a fait 50 blessés.

Boeing interdit de vol en Europe ?

Autant d’éléments qui poussent l’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) à envisager l’interdiction potentielle du vol des appareils Boeing dans le ciel européen.

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Auprès de nos confrères de Reuters, le directeur exécutif par intérim de l’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA), Luc Tytgat, n’a pas exclu la possibilité que l’Europe mette fin à l’approbation indirecte de production de jets de Boeing, si nécessaire.

Cela consisterait à revenir sur les agréments de sécurité américains selon lesquels les avions Boeing sont construits en toute sécurité. “Si nécessaire, oui”, a déclaré Luc Tytgat auprès de Reuters. Pour le moment, une décision du genre, qui s’avérerait désastreuse pour l’ensemble de l’industrie, n’est pas actée. 

Plus de commandes, moins de sécurité ?

La pression exercée sur Boeing n’en est pas moindre à l’heure où United Airlines menace d’annuler sa commande de 737 MAX 10 et n’exclut pas de se tourner vers Airbus pour assurer la production de ses appareils.

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Et si Boeing fait l’objet de plusieurs enquêtes aux Etats-Unis et se retrouve actuellement dans le viseur de l’AESA, l’autre géant du secteur n’est pas à l’abri de faire face à des problèmes techniques.

Comme le souligne Jean-Louis Baroux dans sa tribune hebdomadaire, la recrudescence des commandes d’avions est susceptible de faire peser une menace sur les exigences de sécurité de ces mêmes appareils.