Quel sera le coût d’un voyage d’affaires ou d’un évènement en 2024 ?

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CWT dévoile une nouvelle étude sur les prévisions du marché du voyage d’affaires et du MICE en 2024. Malgré la levée des restrictions liées au Covid à travers le monde, le secteur devra rattraper son retard à certains niveaux et faire face à une hausse des tarifications. 

Comme en 2023, le marché du voyage d’affaires et du MICE devrait évoluer dans un environnement dynamique en 2024. L’année devrait continuer d’être marquée pas une incertitude économique et un contexte géopolitique complexe. Selon un rapport baptisé « 2024 Global Business Travel Forecast », publié par CWT en partenariat avec GBTA, l’explosion de la demande, notamment sur le segment loisirs, va continuer de porter les prix à la hausse. Mais cette hausse devrait être plus modérée qu’en 2023, l’économie mondiale devant faire face à de nombreuses incertitudes. Selon le FMI, la croissance économique mondiale ne sera que de 3% en moyenne au cours des 5 prochaines années, soit la prévision à moyen terme la plus basse depuis plus de 30 ans. Ce ralentissement freinera la hausse des prix des voyages d’affaires. De même, l’organisation prévoit une diminution de l’inflation d’ici la fin de l’année 2023/2024, mais elle restera élevée. 

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Cette inflation entraîne une augmentation des coûts d’exploitation pour les acteurs du voyages, qui se répercute sur les voyageurs et les entreprises. Les contraintes de main-d’œuvre pèsent également sur le marché. Il s’agit d’un phénomène mondial qui fait grimper le prix des salaires et donc des voyages.

780 dollars en moyenne pour un billet d’avion

En moyenne, au niveau mondial, un billet d’avion devrait coûter 780 dollars l’an prochain, contre 766 dollars en 2023 ou 749 en 2022. Un chiffre qui devrait monter à 855 dollars en région EMEA. Dans le secteur hôtelier, le prix moyen d’une chambre sera de 174 dollars la nuit, contre 168 dollars en 2023 et 161 en 2022. Pour le marché du MICE, des hausses de prix sont également attendues avec un coût par participant (hors nourriture et boissons) estimé à 174 dollars par jour, contre 160 dollars en 2022 et de 190 dollars vs 174 dollars en incluant une offre de restauration.

Voyages mixtes et diminution de l’empreinte carbone

Afin de réaliser des économies de coûts et à des fins de durabilité, plusieurs tendances se profilent. La première concerne les voyages groupés. Ces voyages permettent d’économiser de l’argent et le temps des déplacements des employés. Les voyages mixtes, soit un mixte entre affaires et loisirs, ont également la cote et cette combinaison permet aux acheteurs d’être plus flexibles sur le calendrier. Selon un sondage de la GBTA, deux travel managers sur cinq ont constaté une augmentation de l’intérêt des employés pour les voyages mixtes, notamment chez les cadres supérieurs et les jeunes. En parallèle, l’empreinte carbone des entreprises sera l’une des priorités pour nombre d’entre elles. Les premiers objectifs devront être atteints en 2024 et cela impactera les prix futurs et le nombre de réservations pour le voyage d’affaires. 

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Sur la partie M&E, selon l’étude publiée par GBTA et CWT, le cycle de planification doit être porté à 12 mois afin de maintenir des prix à un niveau raisonnable. Avant de préciser : « Comme les acheteurs de voyages se retrouvent avec moins de volume à offrir en guise de pouvoir de négociation, ils cherchent à plusieurs reprises à intégrer le volume des réunions et événements en guise de compensation. »

Une stratégie d’achats à long terme pour réaliser des économies

Sur la partie achats, CWT préconise de passer sur une stratégie de planification à long terme. « Les contrats de voyages sont largement renégociés, souvent pour la première fois depuis Covid. Cependant, de nombreux acheteurs ne peuvent pas offrir le même volume de voyages qu’avant la pandémie, ce qui se traduit par des tarifs plus élevés et des remises moins généreuses de la part des fournisseurs », est-il indiqué. En 2024, les acteurs devront regrouper les dépenses de voyages pour maximiser la valeur avec des propositions de contrat régulières dans l’objectif de négocier de meilleures conditions. Pour cela, l’analyse de la data est essentielle.

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Selon l’étude, il sera également primordial de se concentrer sur les voyages d’affaires qui offrent un meilleur retour sur investissement et de créer des expériences qui attirent les talents ou permettent aux employés d’être plus productifs. Le fameux : voyager moins mais mieux. Les outils de suivi des prix peuvent également aider à payer moins cher, tout comme les programmes de fidélité. « Les volumes et l’effet de levier sont en baisse sur le marché d’un fournisseur, mais les fournisseurs veulent toujours récompenser la fidélité », peut-on lire à travers l’étude. Pour conclure, CWT et GBTA incitent les entreprises à tester/adopter les nouvelles technologies et à revoir leurs politiques et stratégies et matière de voyage d’affaires en les invitant à sortir « des sentiers battus ».