2020, l’heure des bilans (3/7) – Transport terrestre

En 2020, le marché du Transport terrestre a été fortement impacté par la pandémie mondiale. Fleet, VTC, ferroviaire, mobilité douce … cette crise n’aura pas eu d’impacts uniquement négatifs et aura permis à de nombreux voyageurs et entreprises de repenser leur façon de se déplacer. Pour les acteurs du secteur, si les pertes économiques s’avèrent considérables, la COVID-19 aura eu pour mérite d’accélérer la transition digitale et écoresponsable. 

A la fin du mois de mars, début du premier confinement, la SNCF annonçait avoir atteint son niveau « plancher » en réduisant fortement la fréquence de ses trains. Une première dans l’histoire de la compagnie ferroviaire française avec, à l’époque, seulement 7% de son trafic habituel. Mais après d’importants mouvements de grèves en décembre 2019 et janvier 2020, cette nouvelle crise arrive comme un coup de massue supplémentaire et le groupe anticipe une perte de plusieurs milliards d’euros en 2020 et une année 2021 dans le  « flou ».

Manque d’entrain

Une annus horribilis, un tant soit peu sauvée par la période estivale et la baisse du trafic aérien, certains voyageurs s’étant ainsi reportés sur le transport ferroviaire. En parallèle, afin d’accompagner les voyageurs et les entreprises, la SNCF n’a cessé de prolonger le report et l’annulation de billet sans frais, actuellement jusqu’au mois de mars 2021. L’objectif : inciter les voyageurs à réserver leur voyage en train et ce, tout en s’adaptant aux annonces, souvent de dernière minute, du gouvernement. A l’International, Thalys a choisi de prôner la flexibilité et d’aider les entreprises en adaptant son offre corporate et en modifiant ses conditions de remboursement ou d’échange. Pour l’heure, le groupe ferroviaire n’attend pas de retour à 100% de son offre avant 2022. Outre-Manche, chez Eurostar, la crise de la COVID-19 est venue s’ajouter aux incertitudes liées au Brexit. La compagnie, qui connaissait déjà des difficultés fin 2019, appelle aujourd’hui le gouvernement britannique à l’aide et pointe du doigt les aides allouées aux compagnies aériennes. Mais, tout comme pour le secteur de l’aérien, cette crise aura permis au marché ferroviaire d’engager un véritable virage vers le digital en améliorant les applications mobiles, en digitalisant les process et en proposant un parcours sans contact. A bord, la sécurité sanitaire était également de mise avec port du masque obligatoire, une désinfection régulière des wagons et, pour certains, la limitation des capacités d’accueil.

Les accidents de la route en baisse

Sur les routes, le confinement et, plus largement, la généralisation du télétravail n’a pas eu que des effets négatifs. Diminution des accidents de la route, meilleure qualité de l’air, moins de stress engendré par les déplacements en voiture… Conséquence de la crise : les automobilistes ont mis la pédale douce, que ce soit pour des trajets domicile-travail ou lors de déplacements professionnels. De même, si l’accident de la route reste la première cause de mortalité en entreprise, les chiffres ont largement diminué. Pour les loueurs de voiture, eux aussi très impactés par la crise, la reprise est lente. Chez SIXT, l’heure est aujourd’hui à l’innovation et à la diversification pour adapter son offre aux nouveaux besoins, tout comme pour les VTC. Que cela soit chez Uber Business ou Freenow for Business (ex- Kapten Business), les géants de la mise en relation entre chauffeurs et voyageurs ont dû adapter leur offre pour assurer la pérennité de leur activité et garantir la sécurité des passagers. Chez Uber notamment, les chauffeurs et les clients doivent se soumettre à un nouveau dispositif de sécurité en utilisant un système de « détection de port du masque ».

Une mobilité douce et plus durable

Du côté des salariés, l’année 2021 pourrait bel bien marquer l’avènement des mobilités douces et du MaaS. Cette crise sanitaire a en effet amené de nombreux travailleurs à repenser leur mobilité, notamment pour les trajets quotidiens domicile-travail. Ainsi, dans les grandes agglomérations, 32% des salariés avouent avoir changé leurs habitudes de transports depuis le début de la crise. Marche à pied ou bien encore vélo, les transports en commun sont « boudés » pour des causes sanitaires et la voiture individuelle pour des causes environnementales évidentes. Une démarche responsable qui s’accompagne d’une prise de conscience portée par la RSE en entreprise. « Il faut mettre le cap sur la RSE sans concession ! Cela va d’ailleurs au-delà d’un choix, c’est une absolue nécessité », déclarait récemment Michel Dieleman, président de l’AFTM.

Les atouts des acteurs du marché du transport terrestre sont nombreux. Flexibilité, écoresponsabilité, proximité…En 2021, les transports routiers, ferroviaires ou « propres », seront davantage favorisés pour tout ce qui concerne la micro mobilité et les déplacements professionnels lors de la reprise. En effet, contrairement à l’aérien, la réservation de billet ou l’organisation du voyage s’avère moins contraignante, plus économique et responsable. Et si, après une année 2020 un genou à terre, en 2021 on gardait les pieds sur terre ?